lundi 12 mars 2007

Prions ensemble

La trame sonore tant attendue des adeptes du groupe culte montréalais Arcade Fire est enfin disponible. Titre inspiré d’un roman de l’auteur américain John Kennedy Toole et enregistré dans une ancienne église à Farnham, en Estrie, Neon Bible marque l’ascension d’une nouvelle religion.

Arcade Fire réussira à convertir de nouveaux fidèles avec ce nouvel opus. Le groupe a développé une sonorité beaucoup plus mature. Parmi l’ensemble de leurs instruments, aucun n’occupe un poste de direction. Il s’agit indéniablement d’un orchestre. Arcade Fire a misé sur la modernisation d’un son produit par des instruments traditionnels et l’intention a été exploitée avec brio.

Les cordes sont également beaucoup plus présentes sur Neon Bible, donnant ainsi un son folklorique. L’orgue provoque cependant un univers en soi. L’instrument pieux saura vous déstabiliser dès les premières notes d’Intervention et vous transportera vers les cieux au cours de My body is a cage. La cadence pianistique de Black mirror relève aussi d’une précision mélodieuse.

Même si les textes s’avèrent moins sombres et moins profonds, les voix sont plus harmonieuses. Butler chante sur un timbre plus sobre et naturel. Pour sa part, Chassagne a vigoureusement travaillé son arrangement vocal, lequel semblait perdu parmi la portée sur Funeral, est tout à fait angélique sur Neon Bible.

Malheureusement, Arcade Fire a laissé tomber le bilinguisme. Ainsi, Neon Bible n’offre aucune chanson en français.

Difficile était d’avoir foi en un meilleur album que Funeral. Honte à tous les Thomas d’entre vous, puisque Neon Bible est un amalgame de mélodies divines.

Amen.