jeudi 4 septembre 2008

Déménagement

Après vous avoir cassé les pieds avec mon incontrôlable hâte de m'envoler vers l'Europe, voilà, c'est fait. J'ai quitté mon bordel montréalais pour un autre bordel, cette fois-ci, lausannois. Je vais tenter de respecter mon statut de critiqueuse, avec une touche quelque peu bohème, je le souhaite. De ce fait, je mets un terme aux critiques qui prétendent que je m'y connaisse vraiment. Je vous ferai désormais part de mes aventures artistiques, sociales et autres d'un point de vue plus innocent, vulnérable, sans trop savoir. Vous trouverez ces témoignages ici.


mercredi 27 août 2008

Un brin de tranquillité dans la tempête

Le travail a beaucoup pris de mon temps. Après trois semaines à finaliser les dernières tâches infographiques et à courir les derniers détails pour le grand Départ, j'ai laissé de côté l'écriture, faute d'absence d'événements culturels. Non pas qu'il ne se passait rien à Montréal au cours du mois d'août, mais plutôt que je n'ai pas vu grand chose. J'ai même eu à laisser tomber le spectacle de Jean Leloup le 29 août prochain. Jean et moi, ce sera pour une autre fois!

Que de tristesse également de ne pas assister au FFM (Festival des films du monde de Montréal) ni à la conférence du MAP (Mouvement art public)! Mais il faut savoir doser en cette dernière semaine, semaine de vacances (?!) où je dois toujours courir : rassembler les papiers importants, faire les boîtes, les valises, acheter les billets de train, les adapteurs, les bonnes chaussures et tout autre besoin qui saura compléter la liste avant de s'envoler. Sans oublier les aurevoirs avec ceux qui me sont les plus chers.

Plus que quelques jours...

vendredi 8 août 2008

Sous le psychédélisme de l'arc-en-ciel

Après 3 ans d'absence à Montréal, le fameux groupe Radiohead était de retour pour une deuxième fois au Parc Jean-Drapeau le 6 août dernier. Malgré la pluie, les admirateurs de Thom York et sa bande ne se sont pas empêchés de planer sous les airs envoûtants du groupe britannique. Une expérience psychédélique qui place définitivement Radiohead parmi les plus influents depuis les années 90.

C'est sous un arc-en-ciel (sans tournure métaphorique) que l'artiste invité, Grizzly Bears, a lancé la soirée. Le mariage des arrangements vocaux et des mélodies plutôt douteux (surtout incohérent) du groupe a vite fait augmenter le taux d'impatience auprès de la foule quant à l'arrivée de Radiohead sur la scène.

Lors de son entrée sur scène, le quintette a totalement ébloui
le public non seulement avec sa musique, mais avec des jeux de lumières époustouflants et un montage vidéo éclaté. Il s'agissait d'une mise en scène psychédélique qui rappelait celle de Pink Floyd.

Le son était d'une pureté émouvante. La mélodie des pièces résonnait comme si l'on écoutait l'album dans notre lecteur MP3. Le groupe a transporté les fans dans une autre réalité avec des chansons telles House of Cards, Bodysnatchers et Weirdfishes/Arpeggi, des morceaux issus de son plus récent album, In Rainbows. C'est toutefois avec Karma Police et Paranoid Android que la transe du public a atteint son apogée. Un moment inoubliable.

C'est à ma grande surprise que j'ai retrouvé sur scène un Thom Yorke rempli de simplicité et de générosité. L'artiste qui fait souvent preuve de prétention et de « je-m'en-foutisme » en entrevue télévisée ou journalistique a démontré une toute autre facette de sa personne.

Après plus de deux heures de spectacle, dont une heure de fine pluie, c'est sous une énergie planante que la foule s'est dirigée vers l'interminable chemin qui menait au métro, le temps de redescendre lentement d'un univers musical enchanteur.

vendredi 1 août 2008

À l'aube d'une nouvelle vie

Dans un mois, jour pour jour, je m'envolerai vers un autre continent, pour une nouvelle réalité, pour une nouvelle vie...

mardi 22 juillet 2008

De l'art à la rue

Des cultivateurs déclarent faillite.
Des ressources naturelles s'effritent.
Des hommes s'enrichissent.
D'autres s'appauvrissent.
Des innoncents meurent à cause d'une guerre, pour une richesse économique éphémère.
Et au lieu de se mobiliser dans le but de réduire les effets nocifs de ce chaos, on blâme les militants qui tentent de faire leur petit bout de chemin, pour sensibiliser leur prochain.
Souvent, ces
êtres optimistes, inoffensifs, créatifs, sont des artistes.

Inspiration :
Roadsworth: Crossing the Line

« Things happen when you take risks »
-
Peter Gibson

jeudi 17 juillet 2008

Courir sa vie

Le temps défile à vive allure. J'ai l'impression de ne pas saisir chaque dernier moment. Je cours les galeries, les spectacles, les festivals, les boutiques, les rues de Montréal. Je ne veux rien manquer. Ne rien regretter avant le grand Départ. En moins de deux mois, j'aurai parcouru presque le Québec en entier. De Montréal à Québec, passant par Sherbrooke, sans oublier St-Georges puis La Pocatière et enfin Matane. Ai-je peur de m'ennuyer? Je ne crois pas. Je veux seulement abuser des richesses que m'offrent mon patelin avant de tomber en amour avec un autre endroit, quelque part de l'autre côté de l'océan.

Au travail, je commence
à me lasser. Je somnole sans arrêt. Pour repousser mes tâches, je parcours la Toile à la recherche de nouvelles découvertes artistiques. À la recherche de ce que j'aurai envie de faire de l'autre côté. À la recherche du cliché à saisir.

Je manque de temps. J'ai peur de m'arr
êter. J'embrasse chaque instant. Je devrais tenter quelques fois de m'échapper, pour respirer, pour équilibrer mon quotidien.

J'ai besoin de po
ésie.

lundi 14 juillet 2008

Épousseter le passé

Métaphore poétique et agréable sur l'inutilité de faire revivre les événements du passé :
« Cette partie de notre vie posée sur une étagère. Nous y faisions un peu de poussière. »
Tiré de Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part

Ce genre de nostalgie ne mène nulle part.

lundi 7 juillet 2008

Sex, drugs & rock 'n' roll à St-Éphrem-de-Beauce

Ce sont les 27, 28 et 29 juin derniers que j'ai eu mon baptême du fameux festival québécois, Woodstock en Beauce. Tous les rituels étaient au rendez-vous : alcool à profusion, public carburant aux diverses substances illicites, toilettes chimiques saturées, boue, paix, amour et surtout, musique. Malgré la mauvaise température (nos tentes flottaient littéralement sur l'eau), cette première expérience n'aura pas été la dernière.

Étant donn
é sa location, Woodstock en Beauce est souvent associé à un rassemblement de Beaucerons barbares qui se débauchent sous les airs de groupes hommage ratés. Pour cette 14e édition, la programmation n'avait rien de lamentable. Des artistes notoires tels Bran Van 3000, Billy Talent, Gob et Pascale Picard Band ainsi que des formations émergentes telles Misteur Valaire, Chocolat et Gatineau ont su faire oublier au public la chaleur accablante des deux premiers jours et la violente pluie des derniers jours.

Semaine de travail oblige, je n'ai malheusement pas pu assister aux spectacles du mercredi et du jeudi. C'est toutefois avec une patience bien m
éritée que je me suis présentée à la prestation de Bran Van 3000 et celle de Billy Talent.

Malgr
é l'insatisfaction qu'a engendré le resultat de l'album Rosé, le retour de Bran Van sur scène ne s'est pas avéré aussi décevant. La troupe de James DiSalvio avait de l'énergie à revendre au public avec un répertoire des pièces les plus appréciées de ses trois opus.

Pour sa part, le groupe canadien Billy Talent a su litt
éralement déchaîner la foule. C'est avec un charisme et une humulité surprenante que Ben Kowalewicz a chanté les succès de son groupe tout en développant une relation particulière avec le public. Il a notamment gagné le respect de plusieurs au moment où il est descendu de la scène pour emprunter le chandail des Nordiques à un fan, pour ensuite l'arborer dans l'interprétation des dernières chansons.

Outre le retour de Bran Van 3000 et la performance enflamm
ée de Billy Talent, c'est la prestation du groupe montréalais The Stills qui suscitait davantage mon intéret. J'étais excitée à l'idée d'entendre les pièces de l'excellent Without Feathers ainsi que celles du nouvel album qui sera en vente le 19 août prochain. Quelle déception toutefois! Non seulement il y avait à peine 50 personnes (lesquelles n'avaient aucune idée de qui était le groupe) sous la tente où The Stills donnait son spectacle, mais le son était beaucoup trop fort et le répertoire musical avait mal été sélectionné. Le groupe a joué deux chansons de Without Feathers et celles du nouvel opus ne sonnaient pas à leur avantage. C'est la tête baissée que j'ai quitté le chapiteau pour ensuite assister à une prestation hommage de Cat Stevens. J'ai malgré tout retrouvé le sourire sous la pluie, transportée par les douces mélodies de cet homme qui avait non seulement la même voix que Stevens, mais dont le physique lui ressemblait étrangement. Moment cliché référant à Woodstock '69.

Nouveau coup de coeur musical des Qu
ébécois cette année, Pascale Picard était l'artiste vedette du samedi soir. Même si je ne suis pas une grande admiratrice, j'étais curieuse de voir ce qu'elle avait à offrir sur la scène. Sa performance s'est finalement avérée des plus décousues. L'artiste, sous l'influence abusive de l'alcool, était non seulement incohérente dans ses propos, mais dans sa musique. Elle a notamment interrompu une pièce pour présenter son groupe, et ce, sans reprendre cette même chanson par la suite.

Mis
à part la musique, il était impressionnant de voir toute cette masse de gens littéralement « défoncée » 24 heures sur 24, pendant quatre jours. La superficie du site semblait aussi sans fin avec tous ses hectares de tentes multicolores qui se multipliaient sans cesse. Ce sera probablement un rendez-vous l'été prochain. Cette fois-ci avec plus de renfort contre les intempéries pour enfin profiter davantage de toute cette déchéance musicale et festive.

mercredi 2 juillet 2008

24 chandelles

Je déteste vieillir d'un an. Cette journée me rappelle sans cesse à quel point la vie défile trop vite et le fait que je n'accomplis pas tout ce que je souhaiterais dans le temps donné. Je sais toutefois en profiter ;).

lundi 30 juin 2008

Bilan du mois

Après un mois à courir les événements tous les weekends sans prendre le temps d'écrire, voici une brève récapitulation de la projection visuelle et des prestations musicales qui ont marqué mes derniers 30 jours.

The Raconteurs
Tout d'abord, le spectacle tant attendu non seulement de l'été, mais de l'année : The Raconteurs. Leur dernier passage à Montréal à l'automne 2006 avait été mémorable et je ne croyais pas que cette deuxième fois pouvais l'être davantage. Baptisé comme étant le meilleur groupe live par nul autre que Bob Dylan, titre secondé par les magazines musicaux spécialisés, Jack White et ses quatre acolytes ont fait non seulement vibrer nos tympans, mais notre épiderme. Notons particulièrement la performance de Blue Veins, pièce que le groupe a joué sur plus d'une dizaine de minutes avec une introduction instrumentale qui renvoyait à la signature musicale de Pink Floyd. Cette prestation a été sans aucun doute la meilleure de tout ce que j'ai pu voir jusqu'à aujourd'hui. Wake Up d'Arcade Fire passe désormais au second rang.

Égal
à lui-même, Jack White, munie de sa guitare, était toujours aussi glorieux. Sa guitare acoustique, laquelle expulse un son à la fois perçant et pur, rendait à merveille la tonalité folk dont The Raconteurs sait si bien manipuler.

Karkwatson
Le deuxième weekend fut marqué par le spectacle inédit de Karkwatson. Concept initié à la base par Jim Corcoran, il était magnifique de voir les cinq musiciens de Karkwa, Patrick Watson ainsi que ses trois complices alterner leurs pièces respectives en créant une atmosphère tout à fait mélodieuse. Les jeux de lumières accentuaient davantage l'univers planant provoqué par les chansons. Le compteur, pièce tirée du nouvel album de Karkwa sur laquelle Patrick Watson apporte sa collaboration, était d'un rythme renversant.

Ce qui
fut le plus touchant était de voir ces deux groupes se lancer la balle, dans les deux langues (anglais et français), une semaine avant la St-Jean-Baptiste. Pour quelques heures seulement, sous la chaleur écrasante du National, on pouvait assister à un spectacle qui réunissait deux richesses musicales québécoises où la langue n'était plus un conlfit politique, mais bien un art culturel.

Enfin, la chimie de Karkwatson fut
à son apogée lors de la prestation accoustique de Man Under the Sea alors que Patrick Watson et Louis-Jean Cormier se sont placés sur un petit monticule au milieu du public, que les sept autres musiciens étaient sur la scène et que la foule accompagnait a cappella Watson et Cormier. Une seule déception : l'absence de The Great Escape dans le répertoire de la soirée.

Vier Minuten
Oeuvre acclamée dans plusieurs festivals de films européens, Vier Minuten de Chris Kraus est un long-métrage émouvant que j'attendais depuis le printemps dernier. L'histoire de cette jeune criminelle allemande au talent de pianiste incomparable est à la fois crue et touchante. Le parallèle entre la réalité persécutrice de Jenny (Hannah Herzsprung) et l'univers gracieux de la musique classique crée une poésie dans le schéma narratif du film. La dynamique entre la pianiste et son professeur (Monica Bleibtreu), un échange constant de haine et d'amour, relève d'une tension sexuelle refoulée. Les deux performances s'avèrent visiblement mémorables, notamment dans la scène finale alors que la jeune pianiste donne une performance devant public; une scène renversante où la protagoniste s'emporte dans sa musique jusqu'à exploiter littéralement le mécanisme de son instrument.

lundi 16 juin 2008

La spiritualité artistique

Le célèbre cinéaste américain David Lynch a publié il y a un peu plus d'un an Catching the big fish, un essai sur son processus créatif, un processus basé principalement sur la méditation.

Je ne ferai pas de critique, puisqu'il s'agit d'un livre plutôt délicat à commenter. Toutefois, je me permettrai de dire qu'il s'agit d'un ouvrage essentiel pour ceux qui ont non seulement besoin de se recentrer spirituellement, mais surtout pour ceux qui ont besoin de raviver leur créativité.

Voici quelques citations qui m'ont particuli
èrement inspiré :
« The world is as you are »
« True happiness lies within »
« Intuition is seeing the solution - seeing it, knowing it. It's emotion and intellect going together »
« If you do what you believe in and have a failure, that's one thing: you can still live with yourself. But if you don't, it's like dying twice. »
« But sunlight, for instance, doesn't get rid of negativity. It gets rid of dakness, but not negativity. Don't fight the darkness. Turn on the light and the darkness goes. Turn up that light of pure consciousness: Negativity goes. »

mardi 10 juin 2008

Conte de fée à New York

Comme la plupart des (trop) enthousiastes adeptes de la télésérie, c'est avec une hâte incontrôlable que je me suis rendue à la projection du très attendu Sex and the City. Après avoir visionné quelques teasers et les deux bande-annonces, je me suis trouvée décue par ce long-métrage à la sauce hollywoodienne dont le scénario ne reflète pas la structure narrative à la fois crue et sarcastique de la télésérie.

La fébrilité se faisait déjà sentir à l'achat des billets. Au moment où les lumières se sont éteintes dans la salle, les admiratrices (dont moi-même) ont frolé les applaudissements tellement elles étaient excitées. Pour ma part, ce fut de courte durée, le temps de voir les premières scènes alors que la fameuse narration du personnage de Sarah Jessica Parker, Carrie, dresse un bref portrait de ses trois acolytes. Il s'agit d'une introduction complètement inutile : nous avons suivi les torrides aventures de ces quatre mousquetaires pendant plus de six ans!

De ce fait, Sex and the City n'a pas
été réalisé pour les amateurs de la télésérie, mais bien pour le grand public. Plusieurs scènes sont non seulement issues d'un kitsch ennuyant, mais elles sont longuement prévisibles. Aussi, même si les quatre dames ont toujours porté d'extravagantes tenues vestimentaires, une réfence en ce qui concerne l'avant-garde de la mode, elles se trouvent complètement démesurées dans le film. Enfin, Sex and the City comporte des longueurs. L'avènement d'un nouveau personnage de Louise (Jennifer Hudson), l'assistante de Carrie, n'était pas nécessaire. Pourquoi cette attention particulière sur un nouveau protagoniste alors que le scénario met de côté le coloré personnage de Stanford (Willie Garson), très bon ami de Carrie et personnage très présent dans la série?

Malgr
é tout, le personnage de Samantha (Kim Cattrall) réussit toujours à nous divertir. Ses expressions manifestement crues ainsi que sa nonchalance nous surprennent à tous coups. Que de tristesse toutefois de ne pas la voir aussi « out there » que dans les émissions. Cette retenue est définitivement le résultat de la stabilité qu'incite la quarantaine. C'est probablement pour cette raison qu'on y parle moins de sexe et plus du bonheur trouvé auprès du prince charmant. Heureusement, même si les quatres protagonistes évoluent vers la stabilité, elles sont loin d'être ennuyantes.

Sex and the City va certainement plaire aux gens qui ne connaissent pas la t
élésérie. Malgré le fait que je n'ai pu retrouver le même enthousiasme que celui provoqué par les émission, revoir le fameux quatuor Carrie, Samantha, Miranda (Cynthia Nixon) et Charlotte (Kristin Davis) s'est avéré une expérience tout à fait Fabulous!

vendredi 6 juin 2008

Montréal à la mode

Dans le cadre de la 8e édition du Festival mode & design de Montréal, je me suis rendue au défilé de E.R.A. Vintage Wear, une ligne qui redonne une touche avant-gardiste à des morceaux purement rétro. J'ai eu quelques coups de cœur, sans toutefois tomber en amour. Le public semblait apprécier, particulièrement lorsque la porte-parole de l'événement, Geneviève Borne, défilait avec assurance, mais surtout amusée par l'émoi qu'elle provoquait auprès de la foule.

Apr
ès un peu moins de vingt minutes, la passerelle s'est éteinte. L'amie branchée et moi avons ensuite enchaîné sur cette vague vintage qui nous séduit tant et qui est désormais grandement influente grâce, non pas aux designers américains, tels Marc Jacobs, mais bien à ces blogueuses françaises qui ont une créativité particulièrement surprenante, mais surtout coquette pour les agencements dits « rétro ».

C'est alors qu'une journaliste de La Presse interrompt notre conversation afin qu'on lui t
émoigne davantage notre « expérience » avec le Festival, et surtout, avec l'art textile vintage. À la suite de cette conversation qui, ma foi, prenait beaucoup d'ampleur et devenait quelque peu intimidante (nous aimons, nous en sommes passionnées, mais nous ne sommes pas des spécialistes), l'amie branchée et moi nous sommes déplacées vers la scène principale sur laquelle défilaient quelques morceaux des lignes majeures torontoises.

Pour la saison Automne/Hiver, rien de surprenant : la robe longue et le jumper sont
à l'honneur. Une touche de classisme et d'élégance. Pour la saison Printemps/Été, le style bohème est toujours en vedette. La tunique ample ornée de pierres massive donne à la fois un look léger et funky, et ce, tout en confort. Mon principal coup de cœur : House of Spy.

Mis
à part les touristes (principalement masculin) désagréables qui étaient présents que pour la silhouette des mannequins, le Festival mode & design de Montréal est un événement grandement apprécié par le public étant donné son accessibilité. Les défilés sont trop souvent réservés à une élite particulière. Avec un événement du genre, on souligne pour quelques jours le talent du plus grand designer contemporain : la rue. Ce sera un autre rendez-vous ce soir.

« La mode ne s'affiche pas, elle défile ».

vendredi 30 mai 2008

La vie en rose

Marie Darrieussecq est reconnue pour ses histoires perturbantes. Truismes n'y fait pas exception. Le roman zoologique aux tendances fantastiques représente une littérature troublante derrière laquelle se cache une métaphore sociale importante.

Une jeune femme qui possède un physique éblouissant vit le parfait bonheur : elle est la compagne d'un bel homme aisé et
respectueux, elle travaille dans une parfumerie où elle connaît un succès phénoménal, elle est enviée par ses amies et collègues et la gente masculine la convoite avec excès. Ce conte de fée prend graduellement fin alors que, après avoir offert ses services à un marabout africain, elle se trouve à gagner démesurément du poids, pour enfin voir son corps se transformer étrangement sous l'apparence d'une truie. Au cours de cette métamorphose, la narratrice traversera une période de dégradation qui la mènera peu à peu à l'abattoir.

Il est intéressant de voir à quel point l'auteure maîtrise bien son personnage principal. Par le biais de la naïveté et du caractère inculte de la jeune femme, Darrieussecq adopte un style d'écriture rudimentaire. Ainsi, le lecteur ressent davantage les états d'âme de la narratrice.

L'aspect zoologique dans le roman est inquiétant. Il déstabilise le lecteur par l'étrange psychose que développe graduellement le protagoniste. Se présentant d'abord comme une beauté resplendissante et raffinée, puis comme un « être » flasque, lâche et pathétique, la narratrice amène le lecteur à réfléchir sur la bestialité du genre humain, une bestialité au sens d'insolence envers autrui.

Ainsi, avec sa nouvelle apparence physique, la jeune femme se fait maltraiter par l'homme à un point tel qu'elle préfère se vautrer dans les égouts et fourniquer avec d'autres de ses « semblables » dans les bois.

Darrieussecq aurait-elle une vision trop brutale de la société? Sa critique fait malgré tout réfléchir sur l'indifférence qui nous habite, une indifférence qui est telle qu'une qualité de vie à la porcherie.

jeudi 29 mai 2008

Montréal (cette ville)

Après la plus intense des sessions universitaires, voilà que j'ai finalement quitté la paisible et agréable municipalité de Sherbrooke pour la très bruyante et agitée métropole. Dire qu'il y a à peine 3 ans, je vivais une crise presque dépressive à la suite d'une rupture avec Montréal. Aujourd'hui, je me questionne à savoir si je ne vais pas éventuellement réadopter Sherby City.

Même si je laisse quelque peu derrière de riches moments avec des gens pour lesquels j'ai le plus d'affection, avec lesquels j'ai manifestement grandi, il va sans dire que c'est avec le sourire aux lèvres que je repars à la découverte des richesses que nous offre cette magnifique ville.

Que de plaisir de savourer un verre sur une nouvelle terrasse, de s'arrêter dans une galerie alors qu'on ne faisait que ses courses, de rêvasser en allant au marché, d'écouter plusieurs groupes émergents lors d'un festival, de voir des films autres que ceux d'un top 10, et ce, dans sa version originale, de faire les boutiques à la recherche d'un morceau unique qui saura mettre en valeur notre personnalité, de dévorer un livre sur les quais du Vieux-Port, de ne pas toujours sortir dans le même bar et de danser au milieu d'un dimanche après-midi sur l'Île-Ste-Hélene.

Montréal, ce n'est pas juste de la pollution et une population frustrée.

Malgré tout, je me sens parfois lassée. J'appréhende toujours ce moment où je quitterai ce continent pour me rendre de l'autre côté de l'océan. Plus que quelques mois...

lundi 5 mai 2008

Ain't born typical

C'était le 4 mai dernier que le duo britannique The Kills se donnait sur la scène montréalaise, soit au Cabaret Juste pour Rire. Avant même leur entrée sur la scène, le doute s'était installé auprès de tous : les guitaristes Alison Mosshart et Jamie Hince allaient-ils assurer la sonorité de leur répertoire? Il va sans dire que The Kills a clairement prouvé qu'il avait une hardiesse musicale comparable à celle des White Stripes.

En effet, étant donné que le duo réunit le genre féminin et le genre masculin, il est souvent associé au couple White. Ce serait toutefois une grave erreur de comparer The Kills à ce dernier. J'irais jusqu'à dire que Mosshart et Hince assurait davantage que le groupe rouge et blanc lors de leur dernier passage au Centre Bell l'été dernier. La superficie de la salle du Cabaret y était probablement pour beaucoup, mais, malgré tout, le public s'est trouvé abasourdi devant la confiante manipulation des cordes de la part de Hince et de l'énergie déchainée de Mosshart.

En qui concernait ce public, il était à se demander s'il n'était pas la simplement pour poser plutôt que pour la musique du groupe. Arborant pour la plupart les fameuses lunettes RayBan à la Warhol, la coupe de cheveux à la fois ébouriffée et calculée, bref, le look typique de la culture trash londonnienne, l'assistance ne dérangeait pas physiquement, mais semblait présente pour accessoiriser style et musique plutôt que passion et musique.

C'est au moment où le groupe a introduit No Wow que Hince a impressionné le public avec son talent de guitariste. Il serait exagéré de dire qu'il révolutionne le son à un certain niveau. Toutefois, il joue de son instrument comme s'il masturbait une femme. La sexualité ne s'est pas fait discrète sur la scène. Le duo possède une chimie à la fois naturelle et osée. Leur prestation de la très intime Tape Song donnait des frissons provocateurs : Hince et Mosshart chantaient la pièce à l'aide du même micro, les lèvres les unes contre les autres.

Malgré ces performances mémorables, dont la merveilleuse trash/garage Where New York Used to Be, le spectacle fut non seulement très court, mais le répertoire musical a mal été sélectionné. Ainsi, The Kills a donné une importance équivalente à ses trois albums au lieu de jouer davantage les pièces de son excellent (et plus récent) opus Midnight Boom.

Comme ils le mentionnent si bien dans la chanson U.R.A. Fever, ils ne sont pas nés typiques ces deux musiciens au nom de tueurs.

jeudi 17 avril 2008

Pensée du jour

La fin de session semble interminable. Tous les symptômes sont présents : angoisse, tristesse, nausée, toux, impatience, fatigue, perte d'appétit. Dans le but de trouver l'inspiration parmi tous ces maux, j'ai affiché cette pensée dans mon coin de travail et je me la répète sans cesse. Ainsi, j'arrive peu à peu à franchir les différentes étapes qui me feront enfin passer vers un meilleur lendemain. Je vous la partage afin que vous aussi, vous voyiez la lumière qui vous attend de l'autre côté du tunnel.

dimanche 13 avril 2008

Un décompte impatient

Plus que deux semaines avant la fin. Une fin attendue, une fin nostalgique. Deux semaines avant la clôture de ce contrat de trois ans. Trois années dans cette ville étudiante ô combien similaire à ma ville natale. Un retour aux sources avec ces gens de région qui ont su provoquer au premier regard une méfiance précoce pour enfin vite gagner une confiance, un attachement, une amitié inconditionnelle. Après l'Événement qui marquera la conclusion de ce cycle, je serai de retour dans la métropole. La saison s'annonce agréablement musicale. Le bal sera lancé par Foals au Cabaret Juste pour Rire, suivi de The Kills, passant par Les Breastfeeders, avec une possibilité de revoir M.I.A., puis The Raconteurs, une deuxième rencontre, un spectacle qui s'avérera probablement la meilleure performance 2008, et enfin, pour clore cette saison québécoise en beauté avant le départ tant attendu pour la Suisse, Radiohead. Sans compter les trouvailles du Festival de Jazz et des Francofolies. Un été tout en musique qui saura me faire passer outre cette tranche de vie inoubliable, ces trois années où nous avons grandi, à notre propre surprise, comme nous aurions jamais su grandir. Une croissance qui nous pousse désormais vers des horizons singuliers.

lundi 31 mars 2008

À la recherche du temps

Ça ne va pas. J’ai envie de fuir, de m’évader, de partir en cavale, d’échapper à tout le chaos qui m’oppresse. Les travaux scolaires et les obligations quotidiennes m'empêchent de respirer convenablement. Je voudrais vous faire part de la prestation enflammée de Misteur Valaire au Café Campus mercredi dernier, du nouvel album éclaté de The Kills, de ma hâte incontrôlable à les voir en spectacle le 4 mai prochain, vous parler aussi du nouvel opus de The Raconteurs, l'agréable présence du piano qu'on y retrouve, vous partager également la musique de Sons & Daughters, ma déception d'avoir raté leur spectacle à La Sala Rossa mardi dernier, vous rédiger ma critique sur le magnifique Paranoid Park de Gus Van Sant et enfin celle de roman de Patrick Modiano, Dans le café de la jeunesse perdue, à la fois simple, poétique et construit de manière originale et efficace.

Eh non. Je dois peaufiner une bande-annonce qui sera projetée sur les écrans de cinéma, une animation dont j'éprouve à peine un grain de fierté, terminer une autre animation dont la fin me semble inexistante, sans oublier les travaux de recherche qui me semblaient enrichissants et dont je me suis vite lassée. Enfin, ce projet vidéo dont les efforts acharnés se sont vu soudainement chambardés. Le dilemme de continuer s'est imposé. Ce qu'on ne ferait pas pour rendre tous les sentiments que l'on éprouvent pour ses pairs! Cette fidélité me motive et m'essouffle à la fois. Où est donc passée cette attitude nonchalante récemment adoptée qui permettait d'équilibrer mon quotidien?! Peut-être vais-je pouvoir la retrouver lors de mon passage dans la Métropole le weekend prochain, ma dernière chance avant le retour officiel. Puis l'Europe. Enfin l'Europe. Une autre réalité qui commence à ne plus se faire attendre...

lundi 17 mars 2008

Justice for all, shame on me

Après avoir raté de peu un spectacle annoncé à la dernière minute en supplémentaire au Métropolis, il n'était pas question de laisser passer la chance d'assister à celui donné au CEPSUM dimanche dernier. Il s'agit ici de la nouvelle sensation électro française, abusivement comparée aux vétérans Daft Punk, Justice.

Résultat : un scénario inimaginable.

Après un souper bien arrosé, trois filles se rendent à Outremont pour en rejoindre deux autres. L'une d'entre elles, fidèle à ses habitudes, arrive avec quelques minutes de retard. Il est 20h. Le spectacle vient tout juste de commencer. Personne n'est trop agitée. On se fout des deux sets de DJs invités. Les cinq filles quittent alors Outremont pour aller prendre un verre dans un pub étudiant, non loin du CEPSUM, afin de réchauffer l'atmosphère et d'attendre que les artistes en première partie terminent leur prestation. 21h sonne. Quatre filles enfilent leurs manteaux. Au moment où elles se lèvent, une des cinq se dirige vers la table avec un deuxième pichet. Trois d'entre elles se regardent sans trop comprendre la raison de ce surplus d'alcool à cette heure presque alarmante. Confuses, elles rassoient. Les discussions reprennent de plus bel. 22h15 sonne. Une des cinq est prise de panique. Les filles courent donc vers le métro. Elles attendent le métro. Elles prennent le métro. Elles débarquent du métro. Elles arrivent sur les lieux. Les gens de la billetterie les regardent d'un air douteux et amusé. Le vestiaire indique complet.

On pénètre enfin dans le complexe avec nos manteaux d'hiver sur le bras : le public est en transe et Justice est tout simplement à son apogée. Je veux m'effondrer. Je n'arrive pas y croire. On tente tout de même de s'infiltrer dans la foule. J'essaie malgré tout de profiter des pièces qui restent. Une des cinq demande à une personne inconnue depuis combien de temps Justice est sur scène. Il répond : « Un peu plus d'une heure ». Je veux pleurer.

La scène est majestueuse. Trop d'amplis qui ne sont là que pour donner un effet imposant au monticule du fameux duo. Trop de lumières qui intensifient l'état de transe de la musique et, par le fait même, celui du public. Mais cet abus donne au décor une vibe ensorcelante. L'intensité des mix pénètre directement les parties nerveuses du corps. C'est tout simplement malade! Après deux pièces, Justice signe son au revoir. J'en veux davantage. Le groupe revient quelques instants plus tard pour un rappel de deux autres chansons.

Je sors du complexe la tête basse. Non seulement je viens d'assister à au show le plus aguichant de l'histoire, mais j'ai déboursé 40$ pour quatre pièces.

Je suis officiellement pissed. Trois des cinq filles quittent sans dire un mot. Elles ont été mangées leurs émotions au McDo. J'ai encore mal au coeur...

Tout un cadeau de fête Ari!